14 erreurs à éviter à la retraite : causes et solutions

Planifier sa retraite au Québec ne se limite pas à mettre de l’argent de côté. Le moment où vous demandez vos prestations, la façon dont vous retirez votre épargne, la fiscalité et l’évolution de vos dépenses peuvent tous influencer votre situation financière à la retraite. Ce guide présente 14 erreurs à éviter et différents éléments à considérer pour mieux planifier cette étape de vie.

Pourquoi les erreurs de planification de retraite coûtent si cher au Québec ?

Une planification de retraite qui ne tient pas compte de l’ensemble de votre situation peut avoir des conséquences sur vos revenus, vos dépenses, votre fiscalité et votre capacité à réaliser certains projets. Les règles fiscales et les programmes gouvernementaux peuvent également évoluer avec le temps.

Mieux connaître les décisions qui peuvent influencer votre situation permet d’intégrer ces éléments à votre planification et de la revoir lorsque vos besoins ou les règles applicables changent.

femme proche de sa retraite pense aux erreurs à éviter pour la retraite

Les erreurs à éviter à la retraite que les Québécois font encore en 2026

Voici les erreurs de retraite à éviter les plus fréquentes que les gens commettent en planifiant leur retraite, et surtout, comment les éviter.

1. Ne pas commencer à épargner assez tôt

Commencer à épargner plus tôt peut permettre aux sommes investies de bénéficier d’une période de croissance plus longue. Le temps, le montant des cotisations et le rendement obtenu influencent tous la valeur accumulée.

À objectif et hypothèses comparables, commencer plus tôt peut également réduire l’effort d’épargne nécessaire plus tard.

Exemple illustratif — cotisation de 300 $ par mois

Âge de débutCotisation mensuelleCapital estimé à 65 ans (rendement 5 %)
25 ans300 $~455 000 $
35 ans300 $~258 000 $
40 ans300 $~189 000 $
45 ans300 $~132 000 $

Ces résultats sont présentés à titre illustratif et reposent sur une hypothèse de rendement constant de 5 %. Ils ne tiennent pas compte, entre autres, des frais, de la fiscalité ni des variations de rendement. Les résultats réels peuvent différer.

Comment éviter cette erreur ?

Des cotisations régulières, même modestes, peuvent contribuer à l’accumulation de l’épargne à long terme. Le montant et la fréquence des cotisations peuvent être établis en fonction de votre capacité financière et réévalués au fil du temps.

2. Réclamer la RRQ ou la PSV sans faire de calcul

Beaucoup de gens réclament la RRQ ou la PSV dès qu’ils y sont admissibles, par réflexe ou par peur de « laisser de l’argent sur la table ». C’est pourtant l’une des erreurs à éviter à la retraite les plus irréversibles, et les plus fréquentes.

L’âge auquel vous commencez à recevoir votre rente du RRQ influence son montant à vie. Une rente demandée à 60 ans est généralement réduite de 30 % à 36 % par rapport à celle payable à 65 ans, selon la situation. Après 65 ans, elle augmente de 0,7 % par mois de report, jusqu’à 72 ans. À 70 ans, cette augmentation correspond à 42 % et, à 72 ans, elle peut atteindre 58,8 % par rapport à une rente commencée à 65 ans. Voici l’impact réel sur 25 ans de retraite :

Le montant réel de la rente dépend du dossier de cotisation de chaque personne ainsi que de l’âge auquel elle commence à la recevoir. Comparer différents âges de début exige également de tenir compte du nombre d’années pendant lesquelles la rente sera reçue, des autres revenus disponibles et de la situation personnelle.

La Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) peut également être assujettie à un impôt de récupération lorsque le revenu net dépasse le seuil applicable. Pour l’année de revenu 2026, le seuil publié est de 95 323 $. Ce seuil est indexé et doit être vérifié pour l’année concernée.

Comment éviter cette erreur ?

Avant de choisir le moment où commencer vos prestations, il peut être utile de comparer différents scénarios en tenant compte de vos besoins de revenu, de vos autres sources de revenus, de votre situation fiscale et de votre situation personnelle.

3. Ne pas optimiser le décaissement pour minimiser l’impôt

Parmi les erreurs à éviter à la retraite, celle-ci est l’une des plus coûteuses, et la moins bien comprise. Les différentes sources de revenus ne sont pas toutes traitées de la même façon sur le plan fiscal. La façon dont les retraits sont répartis entre les différents comptes peut donc avoir une incidence sur le revenu imposable et certaines prestations fondées sur le revenu.

Tirer des sommes importantes d’un REER ou FERR sans plan peut faire grimper rapidement votre taux marginal d’imposition. Et comme le revenu net influence l’accès à des crédits ou prestations comme la PSV et le SRG, vous risquez aussi de perdre des montants auxquels vous auriez normalement droit à Revenu Québec et à l’ARC.

Comment éviter cette erreur ?

Une stratégie de décaissement peut tenir compte des REER, FERR, CELI, comptes non enregistrés et autres sources de revenus. L’ordre et le montant des retraits dépendent toutefois de la situation fiscale, des besoins de revenu et des objectifs de chaque personne.

Exemple simplifié

Deux personnes possédant le même montant d’épargne peuvent obtenir des résultats fiscaux différents selon les comptes utilisés pour financer leurs dépenses. Un retrait d’un REER ou d’un FERR est généralement imposable, tandis qu’un retrait d’un CELI ne s’ajoute pas au revenu imposable. Le résultat réel dépend toutefois de l’ensemble des revenus, déductions, crédits et prestations de la personne.

erreurs à éviter pour la retraite

4. Ignorer l’impôt de récupération de la PSV

La Pension de la Sécurité de la vieillesse peut être assujettie à un impôt de récupération lorsque le revenu net dépasse le seuil prévu pour l’année concernée.

Pour l’année de revenu 2026, le seuil minimal publié est de 95 323 $. L’impôt de récupération correspond généralement à 15 % du revenu dépassant le seuil, jusqu’à concurrence des règles applicables. Les seuils sont indexés et peuvent varier d’une année à l’autre.

Pour évaluer l’incidence possible de l’impôt de récupération, il peut être utile d’examiner :

  • le niveau de revenu net prévu;
  • les retraits imposables provenant des comptes enregistrés;
  • les retraits du CELI, qui ne sont généralement pas inclus dans le revenu;
  • les autres revenus de placement;
  • l’évolution prévue des revenus au cours des prochaines années.

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5. Avoir un portefeuille trop conservateur dès le début de la retraite

C’est l’une des erreurs courantes à la retraite qui semble, à première vue, être prudente. Un portefeuille très conservateur peut limiter les fluctuations à court terme, mais il peut également offrir un potentiel de croissance plus faible. À la retraite, la répartition des placements doit donc être examinée en fonction de l’horizon de placement, des besoins de revenu, de la capacité à absorber les fluctuations et de la tolérance au risque.

Passer à un portefeuille 100 % revenu (obligations, CPG, liquidités) à 65 ans peut générer des rendements insuffisants sur un horizon de 25 à 30 ans. L’inflation, mesurée par l’IPC (indice des prix à la consommation), continue d’éroder le pouvoir d’achat — et un portefeuille trop conservateur risque de ne pas suivre.

Exemple concret : croissance vs sécurité excessive

Sur un capital initial de 500 000 $ sur 25 ans :

PortefeuilleRendement annuel moyenCapital estimé à 90 ans
100 % revenu (CPG, obligations)3 %~1 045 000 $
60 % revenu / 40 % actions5 %~1 694 000 $

Cet exemple illustre uniquement l’effet mathématique de deux hypothèses de rendement constant. Il ne représente pas le rendement futur d’un portefeuille et ne tient pas compte des retraits, des frais, de la fiscalité ou des fluctuations des marchés.

Comment éviter cette erreur ?

La répartition appropriée entre les différentes catégories d’actifs varie d’une personne à l’autre. Elle devrait tenir compte, entre autres, de l’horizon de placement, des besoins de liquidités, des autres revenus disponibles et de la tolérance au risque.

6. Négliger les frais de santé futurs

Les frais de santé sont l’un des postes de dépenses les plus sous-estimés dans la planification de retraite au Québec. C’est une erreur à éviter pour la retraite qu’on ne réalise souvent que lorsqu’il est trop tard pour s’y préparer correctement.

Les dépenses liées à la santé peuvent évoluer au cours de la retraite. Selon la situation, certaines personnes peuvent avoir à assumer des dépenses pour des médicaments, des soins à domicile, des équipements, des services professionnels ou d’autres besoins qui ne sont pas entièrement couverts par les régimes publics.

Comment éviter cette erreur ?

Prévoyez une enveloppe dédiée aux soins de santé dans votre plan de trésorerie retraite. Envisagez une assurance complémentaire santé, et révisez vos projections de dépenses à mesure que vous avancez en âge.

Prévoir différents scénarios de dépenses liées à la santé peut aider à évaluer la marge financière disponible si les besoins évoluent au cours de la retraite.

7. Négliger l’impact de l’inflation sur les dépenses de retraite

L’inflation semble souvent abstraite lors de la planification de retraite. Pourtant, ignorer son effet à long terme est l’une des erreurs à éviter à la retraite les plus insidieuses et les plus difficiles à corriger une fois la retraite commencée.

Une retraite peut durer 25 à 30 ans. Même une inflation annuelle de 2 % peut réduire considérablement votre pouvoir d’achat. Même une inflation relativement modérée peut avoir un effet important à long terme. Par exemple, avec une inflation constante de 2 % par année, une dépense de 1 000 $ aujourd’hui représenterait environ 1 810 $ dans 30 ans. Cet exemple est présenté à titre illustratif. Le taux d’inflation réel varie d’une année à l’autre.

Comment éviter cette erreur ?

  • Intégrez une hypothèse d’inflation à vos projections et révisez-la périodiquement afin qu’elle demeure cohérente avec votre planification.
  • Tenez compte de l’effet de l’inflation lorsque vous évaluez vos placements et vos différentes sources de revenus à long terme.
  • Révisez régulièrement vos projections de dépenses, surtout pour les soins de santé qui augmentent souvent plus vite que l’inflation moyenne
erreurs à éviter pour la retraite

8. Sous-estimer l’impact d’un endettement à la retraite

Les dettes qui demeurent au moment de la retraite peuvent représenter une dépense importante dans le budget. Leur incidence dépend du montant dû, du taux d’intérêt, des modalités de remboursement et des revenus disponibles.

Sans plan clair, ces dettes peuvent compromettre vos projets, forcer des retraits hâtifs de vos placements ou faire grimper votre revenu imposable à Revenu Québec au-delà des seuils avantageux.

Comment éviter cette erreur ?

Avant la retraite, il peut être utile d’établir un portrait des dettes, de leurs taux d’intérêt et des paiements prévus afin de déterminer comment elles s’intègrent au budget et au plan de décaissement.

9. Ne pas consulter un planificateur financier

Ne pas obtenir d’accompagnement lorsque sa situation le nécessite

La planification de la retraite peut toucher plusieurs dimensions : revenus, fiscalité, placements, prestations gouvernementales, dépenses et succession. Selon la complexité de la situation, l’accompagnement d’un professionnel qualifié peut aider à mieux comprendre les différentes options.

En voulant économiser des frais de consultation, plusieurs retraités passent à côté d’optimisations majeures : facture d’impôt trop salée, revenus mal équilibrés, prestations gouvernementales non réclamées, placements mal adaptés à leur horizon.

Comment éviter cette erreur ?

Selon son champ de compétence et votre situation, un professionnel peut vous accompagner pour :

  • examiner différents scénarios de décaissement;
  • évaluer la répartition de vos placements en fonction de votre profil;
  • intégrer les prestations gouvernementales à votre planification;
  • prévoir l’évolution de certaines dépenses;
  • revoir votre plan lorsque votre situation ou les règles applicables changent.

10. Ignorer l’impact sur ses proches : succession, dettes et patrimoine

Préparer sa retraite, c’est aussi penser à ceux qu’on laisse derrière. Ne pas planifier la succession est l’une des erreurs à éviter à la retraite qui peut créer de lourds fardeaux pour vos proches — et effacer en quelques mois une épargne constituée pendant des décennies.

Une planification successorale peut comprendre différents documents et décisions concernant le testament, le mandat de protection, les comptes enregistrés et la transmission du patrimoine. Les règles applicables et les conséquences varient selon la situation familiale, les actifs détenus et les désignations effectuées.

Comment éviter cette erreur ?

Il peut être utile de revoir périodiquement vos documents successoraux et vos différentes désignations afin de vérifier qu’ils correspondent toujours à votre situation et à vos volontés. Les questions juridiques devraient être discutées avec le professionnel approprié.

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11. Convertir son REER en FERR sans considérer les effets sur son revenu

Cette erreur de planification de retraite est l’une des plus méconnues, et pourtant l’une des plus fréquentes chez les Québécois qui approchent de 71 ans. La loi oblige la conversion du REER en FERR au plus tard le 31 décembre de l’année où vous atteignez 71 ans, mais beaucoup le font sans aucune stratégie, ce qui déclenche des retraits minimums obligatoires qui font grimper le revenu imposable au-delà du seuil PSV de 97 979 $.

En 2026, le taux de retrait minimum d’un FERR dépend de votre âge. À 72 ans, il est de 5,28 % du solde au 1er janvier. À 80 ans, il monte à 6,82 %. Sur un FERR de 500 000 $, cela représente des retraits forcés de 26 400 $ à 34 100 $ par année, indépendamment de vos besoins réels — qui s’ajoutent à vos autres revenus et peuvent déclencher le clawback de la PSV.

Comment éviter cette erreur ?

Dans certaines situations, effectuer des retraits d’un REER avant sa conversion en FERR peut faire partie d’une stratégie de décaissement. Dans d’autres situations, conserver les sommes dans le REER plus longtemps peut être préférable. Le choix dépend entre autres du revenu imposable actuel et futur, des autres actifs et des besoins financiers.

12. Oublier de maximiser le CELI avant la retraite

Le CELI peut jouer un rôle dans une stratégie de décaissement puisque les retraits ne sont généralement pas inclus dans le revenu imposable et n’ont donc pas la même incidence que les retraits imposables sur les prestations fondées sur le revenu.

En 2026, le plafond annuel de cotisation au CELI est de 7 000 $. Une personne qui était admissible chaque année depuis la création du CELI en 2009 et qui n’a jamais cotisé pourrait avoir accumulé jusqu’à 109 000 $ de droits de cotisation, sous réserve de sa situation personnelle et de son historique de cotisations et de retraits.

Comment éviter cette erreur ?

Commencez à maximiser votre CELI dès maintenant. Si vous avez des droits inutilisés, cotisez en priorité avant la retraite. Utilisez le CELI pour recevoir des revenus de placement qui ne nuisent pas à vos prestations gouvernementales. À la retraite, la combinaison des retraits provenant du CELI, du REER, du FERR et d’autres comptes peut être évaluée en fonction du revenu imposable et des besoins financiers de chaque année.

13. Ne pas prévoir un plan B si la retraite arrive plus tôt que prévu

Une retraite peut parfois commencer plus tôt que prévu en raison d’une perte d’emploi, d’un changement professionnel, de responsabilités familiales ou d’autres circonstances imprévues.

Une retraite anticipée peut réduire le nombre d’années consacrées à l’épargne tout en augmentant la période pendant laquelle le patrimoine devra contribuer au financement des dépenses.

Comment éviter cette erreur ?

Prévoir une réserve pour les imprévus peut offrir davantage de flexibilité si la retraite commence plus tôt que prévu. Le montant, le type de compte utilisé et le niveau de liquidités approprié dépendent de la situation financière de chacun.

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14. Ignorer les crédits d’impôt pour aînés disponibles au Québec

Des milliers de retraités québécois laissent chaque année de l’argent sur la table en ne réclamant pas les crédits d’impôt auxquels ils ont droit. C’est l’une des erreurs les moins connues — et pourtant elle peut représenter plusieurs milliers de dollars par année.

Selon l’âge, le revenu, la situation familiale et certaines dépenses, différents crédits, prestations ou mesures fiscales peuvent être disponibles au fédéral ou au Québec.

Parmi les mesures à vérifier peuvent se trouver :

  • le montant en raison de l’âge;
  • le crédit pour revenu de pension;
  • le crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés;
  • certains crédits destinés aux personnes aidantes;
  • le Supplément de revenu garanti (SRG), pour les personnes admissibles.

Les critères et les montants peuvent changer. Il est donc préférable de vérifier son admissibilité à partir des règles en vigueur pour l’année concernée.

Comment éviter cette erreur ?

Vérifiez chaque année avec votre comptable ou votre planificateur financier que vous réclamez tous les crédits auxquels vous avez droit à l’ARC et à Revenu Québec. Les modalités d’accès aux prestations gouvernementales peuvent varier. Il est utile de vérifier auprès de Service Canada et de Revenu Québec les prestations et crédits auxquels vous pourriez être admissible ainsi que les démarches requises.

Foire Aux Questions

Conclusion

La planification de la retraite touche plusieurs dimensions : l’épargne, les prestations gouvernementales, le décaissement, la fiscalité, les placements, les dépenses, l’endettement et la succession. Les décisions prises dans un domaine peuvent également avoir des effets sur les autres.

Revoir périodiquement votre plan permet de tenir compte de l’évolution de votre situation, de vos objectifs et des règles applicables. Lorsque votre situation le justifie, un professionnel qualifié peut également vous aider à examiner les différentes options qui s’offrent à vous.

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