Stratégies de retraite : le mot d’un professionnel

La planification des retraits à la retraite constitue un élément important afin d’assurer une utilisation progressive de l’épargne au fil des années. 

La retraite amène plusieurs décisions financières, notamment concernant le rythme des retraits de l’épargne. Différentes méthodes permettent d’estimer les retraits pouvant être envisagés selon les objectifs, les dépenses prévues et l’horizon de retraite. 

Certaines approches utilisent un pourcentage fixe de retrait chaque année. Toutefois, les résultats peuvent varier selon le rendement des placements, l’inflation, la durée de la retraite et la situation financière de chaque personne

Cet article présente différentes méthodes couramment utilisées pour estimer les retraits à la retraite ainsi que leurs principales limites. 

Photo d’un conseiller discutant des stratégies de retraite avec une femme âgée dans un bureau.

Combien faut-il pour prendre sa retraite ?

Les règles simplifiées : outils de départ

La règle du 4 %

Très populaire, cette règle utilise comme point de départ un retrait correspondant à 4 % du capital la première année de la retraite, puis prévoit généralement une indexation des retraits selon l’inflation. À titre illustratif, 4 % d’un capital de 500 000 $ correspond à un retrait de 20 000 $ la première année. Cette règle vise à illustrer un scénario où le capital pourrait être utilisé sur une période d’environ 30 ans, selon certaines hypothèses. 

Cette règle repose sur plusieurs hypothèses, notamment un rendement moyen des placements et une durée de retraite donnée. Les résultats peuvent varier selon les conditions économiques et la situation personnelle. 

La règle des 20 $

Une autre méthode simplifiée consiste à utiliser un facteur de 20 fois le revenu annuel souhaité afin d’obtenir une estimation générale du capital qui pourrait être nécessaire. Selon cette méthode simplifiée, un revenu annuel souhaité de 30 000 $ correspondrait à un capital estimatif de 600 000 $. Cette méthode constitue une estimation simplifiée. Selon la durée prévue de la retraite, les dépenses anticipées et les imprévus, d’autres hypothèses peuvent également être utilisées. 

Exemple concret

À titre d’exemple, une personne qui souhaite disposer d’un revenu brut annuel de 60 000 $ et qui reçoit 20 000 $ de prestations gouvernementales devrait prévoir d’autres sources de revenus pour combler l’écart de 40 000 $. Selon la méthode simplifiée du facteur 20, un écart annuel de 40 000 $ correspondrait à une estimation de capital de 800 000 $.
 

Selon une hypothèse de retrait initial de 4 %, un revenu annuel de 40 000 $ correspondrait à un capital estimatif de 1 000 000 $.

Ces règles permettent d’obtenir une estimation générale, mais les résultats peuvent varier selon les revenus, les dépenses, les placements et la situation de chaque personne. 

Aller plus loin avec une calculatrice financière

Pour obtenir un portrait plus représentatif de votre situation, plusieurs éléments peuvent être considérés :

  • votre âge au moment de la retraite;
  • votre horizon de retraite et celui de votre conjoint, s’il y a lieu;
  • l’inflation;
  • les hypothèses de rendement;
  • les prestations gouvernementales;
  • la fiscalité;
  • vos dépenses et vos objectifs personnels.

Une analyse plus détaillée peut tenir compte des dépenses prévues, des revenus garantis, de l’inflation, des rendements anticipés et de la durée de la retraite afin d’illustrer différents scénarios possibles. Une calculatrice de retraite peut permettre d’illustrer différents scénarios selon les informations saisies. 

Et ensuite? Planifier le décaissement selon sa situation.

La planification de la retraite se poursuit pendant la période de décaissement. Le rythme et la provenance des retraits peuvent être évalués en fonction des besoins, des projets personnels, des revenus disponibles, de la fiscalité et de l’évolution de la situation financière.

Les besoins financiers peuvent évoluer au fil de la retraite. Certaines personnes choisissent de consacrer davantage de ressources à leurs projets au début de la retraite, tandis que d’autres souhaitent conserver une réserve pour des dépenses futures ou des imprévus. La stratégie de décaissement peut donc être adaptée à l’évolution des besoins.

En conclusion : un exercice qui mérite un guide

Planifier sa retraite implique de considérer plusieurs dimensions, notamment les revenus, les dépenses, les objectifs personnels, l’horizon de retraite, la fiscalité et l’évolution possible des besoins au fil des années. Les outils simplifiés peuvent servir de points de repère, tandis qu’une analyse plus détaillée permet d’intégrer davantage d’éléments propres à la situation financière et aux objectifs de chaque personne.

Une planification adaptée peut aider à mieux comprendre les différentes options de décaissement et à vérifier si les décisions envisagées demeurent cohérentes avec les objectifs et la situation financière de chacun.

Cet article a été rédigé par Daniel Morin, conseiller expert chez Conseils Retraite.

A lire également