Transmission du patrimoine : stratégies pour retraités

La transmission du patrimoine consiste à organiser le transfert de ses biens, de ses actifs et de ses valeurs selon ses volontés et les règles applicables. Au Québec, différents outils peuvent être utilisés dans le cadre d’une planification successorale, notamment les dons familiaux, les fiducies, les dons de bienfaisance et d’autres mécanismes de transmission. 

Comprendre la transmission du patrimoine à la retraite

Bien réussir la transmission du patrimoine commence par comprendre ses implications fiscales, juridiques et émotionnelles. À la retraite, ce processus consiste à organiser le transfert de vos biens, argent, placements, immobilier, objets de valeur vers vos héritiers ou bénéficiaires désignés. Cela inclut aussi la planification de dons à des causes qui vous tiennent à cœur.

La retraite constitue souvent un moment où plusieurs personnes choisissent de revoir leur planification successorale. Cette démarche permet notamment d’organiser la transmission du patrimoine en fonction de la situation familiale, financière et des règles fiscales applicables. 

trois générations de femmes ensemble dans la nature représentant la transmission du patrimoine entre famille

Pourquoi planifier tôt ?

Planifier la transmission du patrimoine à l’avance permet de revoir progressivement les différentes options disponibles et de les adapter à l’évolution de la situation familiale, financière et fiscale. 

Avantages d’une planification anticipée de la transmission du patrimoine

  • Peut avoir une incidence sur certains aspects fiscaux selon les règles applicables. 
  • Peut contribuer à une meilleure gestion des actifs selon les objectifs de la planification. 
  • Les transferts peuvent être réalisés progressivement selon la situation et les règles fiscales applicables. 
  • Permet d’évaluer les différents outils pouvant être utilisés dans le cadre d’une planification successorale. 
  • Peut faciliter la coordination entre les personnes concernées par la succession. 
  • Permet d’adapter la planification lors de changements dans la situation personnelle, familiale ou financière. 

Les règles fiscales au Québec

Au Québec, les dons ou transferts d’actifs peuvent entraîner différentes conséquences fiscales selon la nature du bien, le bénéficiaire et les règles applicables. Certaines dispositions particulières peuvent notamment s’appliquer aux transferts entre conjoints ou aux dons effectués à des organismes de bienfaisance enregistrés.

Tableau comparatif des types de transfert du patrimoine :

Type de transfertConséquence fiscaleExemple
Don à un conjointUn mécanisme de report fiscal peut s’appliquer selon la nature du transfert et les règles fiscales applicablesTransfert de certains biens entre conjoints
Don à un enfantImposition sur le gain en capital au moment du transfertDonation d’un immeuble locatif
Don de bienfaisancePeut donner droit à des crédits d’impôt selon le type de don, l’organisme bénéficiaire et les règles fiscales applicablesDon à un organisme de bienfaisance enregistré

Avant d’effectuer un transfert d’actifs, il peut être utile d’en connaître la valeur marchande ainsi que les incidences fiscales pouvant s’appliquer selon la nature du bien et les règles en vigueur. 

Stratégies de transmission du patrimoine à la retraite

La transmission du patrimoine peut se faire de différentes façons, chacune ayant ses implications fiscales et juridiques. Les stratégies se divisent principalement en deux catégories : celles destinées à soutenir votre famille et celles orientées vers la philanthropie. Dans tous les cas, il est essentiel de bien comprendre les règles fiscales et de documenter chaque étape.

Dons à la famille

Transmettre des biens ou de l’argent à vos proches est souvent la première étape dans la transmission du patrimoine. Le moment du transfert, le type de bien transmis et les règles fiscales applicables peuvent avoir une incidence sur les conséquences financières de la donation. 

1. Dons monétaires et transfert d’argent

Donner une somme d’argent à vos enfants ou petits-enfants peut les aider à atteindre leurs objectifs, qu’il s’agisse d’acheter une maison ou de financer des études. Toutefois, il faut comprendre comment ces transferts sont imposés, notamment lorsqu’ils proviennent de placements ou d’actifs générant des gains.

Points pratiques à savoir au Québec :

  • Un don en argent n’entraîne pas nécessairement les mêmes conséquences fiscales qu’un transfert de biens ou de placements ayant pris de la valeur. Les incidences fiscales dépendent notamment de la provenance des sommes et de la nature des actifs transférés
  • Certains transferts de biens entre conjoints peuvent bénéficier d’un mécanisme de report fiscal lorsque les conditions prévues par les règles fiscales sont respectées.
  • Les sommes retirées d’un CELI ne sont généralement pas imposables. L’utilisation de ces sommes dans le cadre d’une stratégie de transmission doit toutefois être évaluée en fonction de la situation financière et des objectifs de la personne.

Selon la situation, les transferts peuvent être effectués progressivement afin de tenir compte des incidences fiscales applicables. 

2. Donation du patrimoine

Une donation du patrimoine peut inclure des biens immobiliers, des actions, des œuvres d’art ou des bijoux. Chacun de ces actifs a un traitement fiscal spécifique, par exemple, le transfert d’actions cotées en bourse à un membre de la famille peut déclencher un gain en capital, alors qu’un don à un organisme de bienfaisance peut donner droit à un crédit d’impôt.

Exemples concrets :

  • Immeuble locatif : le transfert à un enfant déclenche un gain en capital basé sur la juste valeur marchande au moment de la donation.
  • Actions cotées : le don de certains titres admissibles à un organisme de bienfaisance enregistré peut bénéficier d’un traitement fiscal particulier et donner droit à un reçu officiel de don, selon les règles applicables.
  • Biens personnels : certaines œuvres d’art ou biens culturels peuvent donner droit à un traitement fiscal particulier s’ils sont donnés à un musée ou une institution reconnue.

3. Utiliser les fiducies familiales

Les fiducies constituent l’un des outils pouvant être utilisés pour organiser la gestion et la transmission de certains biens selon les objectifs de la planification. Selon leur structure et les règles applicables, les fiducies peuvent notamment servir à encadrer la gestion et la transmission de certains actifs conformément aux objectifs établis.

Deux formes courantes :

  1. Fiducie testamentaire : créée à votre décès, elle gère et distribue vos actifs selon vos volontés.
  2. Fiducie inter vivos : créée de votre vivant, elle permet de transférer certains biens tout en conservant un certain contrôle.

Selon leur structure, les fiducies peuvent notamment :

  • Encadrer la gestion et la distribution de certains actifs;
  • Permettre de prévoir certaines conditions concernant l’utilisation ou la distribution des biens;
  • Avoir différentes incidences fiscales selon leur type, leurs bénéficiaires et les règles applicables.

Note : La création d’une fiducie nécessite l’intervention d’un notaire ou d’un avocat spécialisé, et entraîne des coûts de mise en place et de gestion annuelle.

transmission du patrimoine

Dons de bienfaisance

La transmission du patrimoine peut également comprendre des dons de bienfaisance. Selon les règles fiscales applicables, ceux-ci peuvent avoir différentes incidences fiscales tout en soutenant les organismes choisis. 

1. Dons en argent vs dons en nature

  • Dons en argent : lorsqu’ils sont effectués à un organisme de bienfaisance enregistré, ils peuvent donner droit à un reçu officiel permettant de demander les crédits d’impôt applicables, sous réserve des règles et limites fiscales en vigueur.
  • Dons en nature : certains biens ou titres donnés directement à un organisme de bienfaisance enregistré peuvent bénéficier d’un traitement fiscal particulier. Les conséquences varient selon le type de bien et les règles applicables.

Conseils pratiques pour bien procéder :

  1. Vérifiez que l’organisme est enregistré auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC) pour émettre des reçus officiels.
  2. Conservez le reçu et notez la date exacte du don pour vos déclarations fiscales.
  3. Évaluez les incidences fiscales d’un don en argent ou en nature avant de choisir la forme de don qui correspond à votre situation et à vos objectifs..

2. Legs testamentaires

Prévoir un don dans votre testament permet d’intégrer la philanthropie à votre transmission du patrimoine tout en préservant vos liquidités de votre vivant.

Exemples :

  • Allouer un pourcentage fixe de votre succession à un organisme.
  • Léguer un bien spécifique (immeuble, portefeuille de placements).

Étapes pour mettre en place un legs testamentaire :

  1. Consultez un notaire pour inclure une clause précise dans votre testament.
  2. Indiquez clairement le nom légal de l’organisme et son numéro d’enregistrement.
  3. Prévenez l’organisme choisi afin qu’il sache gérer le don futur.

3. Intégrer les dons à la planification successorale

Les dons familiaux et les dons de bienfaisance peuvent être considérés conjointement dans une planification de transmission du patrimoine, selon les objectifs personnels, familiaux et philanthropiques de chacun.

Comment intégrer ces dons :

  • Selon votre situation, il peut être pertinent d’évaluer le moment et la répartition des dons en tenant compte des règles fiscales applicables et de vos objectifs philanthropiques.
  • Coordonnez avec votre notaire ou conseiller en planification successorale pour éviter les chevauchements ou les conflits.
  • Certaines structures de planification philanthropique peuvent être envisagées pour soutenir une cause à plus long terme. Leur pertinence dépend notamment des objectifs, des actifs concernés et des règles juridiques et fiscales applicables.

Outils à considérer dans une planification successorale

La transmission du patrimoine peut également tenir compte de différents outils juridiques et financiers selon les objectifs poursuivis et les règles applicables. 

1. Les fiducies

Déjà évoquées pour les dons familiaux, elles peuvent aussi servir à protéger et à gérer des actifs destinés à un organisme ou à un héritier vulnérable.

Incidences fiscales pouvant être associées aux fiducies : 

  • Le traitement fiscal d’une fiducie et des sommes attribuées à ses bénéficiaires dépend de sa structure, du type de revenu et des règles fiscales applicables. Les possibilités de répartition du revenu sont notamment encadrées par différentes dispositions fiscales.
  • Les transferts de biens vers une fiducie ainsi que leur disposition ou leur distribution peuvent entraîner différentes conséquences fiscales. Celles-ci doivent être évaluées selon le type de fiducie, les actifs concernés et les règles fiscales applicables.
  • Selon leur structure et les circonstances, certaines fiducies peuvent offrir différents mécanismes permettant d’encadrer la gestion et la distribution des actifs aux bénéficiaires.

Pratique :

  • Établir une fiducie nécessite un acte notarié ou un contrat en bonne et due forme.
  • Il faut bien définir les bénéficiaires, les conditions d’accès aux fonds, et prévoir la gestion administrative régulière.

2. Assurance-vie

Selon le type de contrat et les règles applicables, une assurance-vie peut faire partie d’une planification successorale. 

Rôle possible dans une planification successorale :

  • Selon la structure du contrat et la désignation du bénéficiaire, le capital-décès d’une assurance-vie est généralement versé au bénéficiaire sans être inclus dans son revenu imposable. Les conséquences peuvent toutefois varier selon la situation.
  • Le capital d’assurance-vie peut notamment fournir des liquidités pouvant servir à acquitter certaines obligations financières ou fiscales liées au décès, selon les besoins de la succession.
  • Elle peut aussi être utilisée pour alimenter une fiducie ou régler des frais liés à la succession.

Éléments à considérer :

  1. Déterminez un montant de couverture qui correspond à vos besoins et objectifs de transfert de richesse.
  2. Nommez clairement des bénéficiaires précis pour éviter les conflits ou ambiguïtés.
  3. Revoyez régulièrement la police pour vous assurer qu’elle reste adaptée à votre situation familiale et financière.

3. Planification patrimoniale et successorale

La planification patrimoniale et successorale regroupe l’ensemble des outils pouvant être utilisés afin d’organiser la gestion et la transmission du patrimoine. Elle inclut la rédaction du testament, la gestion des placements, les fiducies, les assurances et la prévoyance pour les soins de santé.

Impact sur la réduction d’impôt et la transmission :

  • Une planification bien coordonnée permet d’examiner les incidences fiscales, juridiques et administratives pouvant influencer la valeur du patrimoine transmis aux héritiers.
  • Une planification réalisée à l’avance permet d’examiner les dispositions fiscales disponibles et les différentes façons d’organiser le transfert des biens entre les générations, selon la situation.
  • La planification peut également tenir compte des besoins financiers futurs, notamment de certaines dépenses liées à la santé ou aux soins de longue durée.

Conseils pour réussir :

  • Faites l’inventaire détaillé de vos actifs et dettes, pour mieux comprendre votre situation globale.
  • Révisez périodiquement votre plan, notamment lorsque survient un changement important dans votre situation personnelle, familiale ou financière.
  • Selon la situation, différents professionnels peuvent intervenir afin d’expliquer les aspects juridiques, fiscaux et financiers de la planification successorale. 

Une planification réalisée à l’avance permet d’examiner les différentes options de transmission du patrimoine et de les adapter à vos objectifs ainsi qu’à votre situation personnelle et familiale.

faq

Réponses aux questions fréquentes sur la transmission du patrimoine.

Besoin des réponses personalisés ?

Conclusion

Une transmission de patrimoine bien planifiée repose notamment sur une réflexion concernant vos objectifs, votre situation familiale ainsi que les considérations fiscales et juridiques applicables. Différentes stratégies peuvent être envisagées selon votre situation et devraient être évaluées en fonction de vos besoins et de vos objectifs.

Les stratégies de transmission peuvent varier considérablement d’une situation à l’autre. Une question demeure donc importante : votre plan actuel tient-il compte des différentes options qui pourraient être pertinentes pour votre patrimoine, votre famille et vos objectifs?

Publications similaires